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Les troubles digestifs chez le sportif



Le syndrome d’ischémie reperfusion-mésentérique transitoire à l’effort

 

🔎 Le syndrome d’ischémie reperfusion est un phénomène physiologique qui survient lorsqu’un organe subit une privation d’oxygène du fait de l’interruption du débit sanguin (ischémie) dans un territoire vasculaire donné.  A cela s’en suit une reperfusion brutale, lors du rétablissement du flux sanguin vers le ou les organes qui en ont été privé.

 

C’est un phénomène très connu des sportifs, notamment lors d’un effort intense et prolongé. Au cours de l’effort, une grande partie de la masse sanguine nourrit les muscles moteurs, au détriment du système digestif qui subit donc une ischémie*.

 

Cette déperdition de l’irrigation intestinale entraine une diminution de l’apport en oxygène et des nutriments aux cellules intestinales, ce qui peut engendrer des douleurs et/ou des atteintes tissulaires locales.

 

A l’arrêt de l’effort, lors de la restauration du débit viscéral normal, il y a un retour brutal et massif d’apport en oxygène vers les tissus intestinaux, qui provoque un afflux considérable de radicaux libres qui va potentiellement endommager la muqueuse intestinale.

 

Par ailleurs, le sang qui est redirigé (« reperfusé ») vers les intestins est chargé en toxines et en ions H+. Il est donc potentiellement agressif pour la paroi digestive.

 

 

Quels sont les signes d’une ischémie-reperfusion mésentérique transitoire à l’effort ?

 

Au moment de l’ischémie ➡️

 

  • Douleurs abdominales crampiformes (elles surviennent pendant ou après l’effort)

  • Diarrhées

  • Nausées / vomissements

  • Ballonnements avec envie impérieuse d’aller à la selle

  • Distension adnominale

  • Sueurs froides

  • Hypotension post-effort

 

 

Au moment de la reperfusion ➡️

 

  • Accentuation de la douleur abdominale

  • Hypotension

 

 

Quels sont les facteurs de risques ?

 

  • Un effort trop intense et trop long

  • Un repas trop copieux et inadapté avant l’effort

  • Des conditions environnementales extrêmes (chaleur)

  • La déshydratation

 

 

Quelles sont les conséquences d’une ischémie-reperfusion transitoire à l’effort ?

 

  • La réponse inflammatoire + le stress oxydatif peuvent entrainer une perméabilité intestinale par endommagement des jonctions serrées*


  • Cette perméabilité va elle-même induire une translocation bactérienne : soit le passage anormal de bactéries intestinales et/ou toxines vers la circulation sanguine au travers de la muqueuse intestinale qui n’assure plus son travail de « filtre »


  • Ulcération et micro lésions de la paroi intestinale qui peuvent favoriser les douleurs et des micro-saignements (et donc favorisent l’anémie)


  • Troubles de la motilité intestinale, qui peut provoquer alternance diarrhée/constipation après l’effort

 

 

Quelles sont les solutions ?

 

Avant l’effort 👉🏻


  • Limiter les matières grasses et les fibres (avant l’effort) pour éviter un ralentissement digestif

  • Favoriser les protéines maigres et les glucides à index glycémique modérés

  • Un dernier repas solide doit être ingéré 3h avant l’effort intense

  • Éviter les fibres insolubles, les aliments fermentescibles ou bien les épices,

  • Boire 500ml d’eau les heures précédant l’exercice

  • Éviter les boissons riches en caféine qui peuvent aggraver la vasoconstriction mésentérique

  • Avoir un apport en glutamine / collagène pour protéger les entérocytes*

 

 

Pendant l’effort 👉🏻


  • Maintenir une hydratation régulière (si l’effort est supérieur à 1h30, privilégier une boisson isotonique (eau + électrolytes + 4 – 8 % de glucides))

  • Avoir un apport énergétique modéré et fractionné : boissons glucidiques ou barres digestes – éviter les gels qui peuvent aggraver l’hypoperfusion intestinale

 


Après l’effort 👉🏻


  • Réhydratation progressive

  • Attendre 30 min à 1 heure pour ingérer un repas solide

  • De la même façon, privilégier les protéines maigres ainsi que les glucides à index glycémique modérés

  • Eviter les fibres directement après l'effort



Quelle alimentation adopter au quotidien ?

 

  • Une alimentation riche en antioxydants (notamment vitamine C et E) qui protège contre le stress oxydatif induit par la reperfusion

  • Une alimentation anti-inflammatoire

  • Une alimentation riche en oméga 3

  • Un apport en glutamine, acide aminé essentiel à la réparation de la muqueuse intestinale

 

 

Comme évoqué précédemment, selon la pratique sportive, des micro-chocs peuvent être occasionnés par le ballottement intestinal, créant ainsi des lésions au niveau de la paroi digestive et donc provoquent des micros-saignements, qui induisent une autre problématique connue du sportif : l’anémie

 

 

 L’anémie ferriprive est une problématique que peut rencontrer le sportif pour différentes raisons :

 

  • Micro hémorragies : petites pertes de sang dues à des lésions capillaires ou tissulaires (induites par les chocs répétitifs des pieds au contact du sol, chez les coureurs par exemple).


  • Hémolyse : destruction des globules rouges avec libération d’hémoglobine dans le sang).


  • Un régime pauvre en fer.


  • Certains médicaments comme les anti-inflammatoires (souvent consommés par les sportifs) causent également des microhémorragies digestives.

 

 

Quels sont les signes d’une anémie ferriprive ?

 

  • Fatigue générale

  • Mauvaise tolérance à l’effort et essoufflement

  • Irritabilité

  • Tachycardie

  • Vertiges et maux de tête

  • Pâleur


 

Quelles sont les conséquences d’une anémie ferrprive ?

 

  • Mauvaise récupération

  • Fatigabilité à l’effort

  • Diminution des fonctions cognitives

  • Baisse du système immunitaire

 

 

Quelles sont les solutions ?

 

  • Adopter une alimentation riche en fer héminique (de provenance animale) : bœuf, boudin, foie, moules…


  • Adopter une alimentation riche en fer non-héminique (d’origine végétale) : lentilles vertes, quinoa, graines de courge, noix de cajou, persil, spiruline…


    --> Le fer non-héminique est moins biodisponible que le fer héminique car il doit être transformé par l'organisme.


  • Consommer conjointement des aliments riches en vitamine C qui boostent l’absorption du fer : camu camu, agrumes, kiwi, poivron rouge, cassis, persil (à consommer crue puisque la vitamine C est thermosensible).


  • Consommer de la poudre d’ortie qui est riche en fer et vitamine C (à saupoudrer sur les salades, veloutés, potages, yaourt).


  • Éviter de consommer des inhibiteurs du fer comme : le café, le thé, les aliments riches en tanins et en phytates, oxalates ou carbonates.


  • Favoriser un sommeil récupérateur et de qualité, essentiel à la régénération des globules rouges.


  • Favoriser une bonne hydratation riche en électrolytes.


  • Réaliser un suivi sanguin régulier pour surveiller la ferritine auprès de votre médecin.

 

 

--> La supplémentation en fer ne se fait que sur conseil médical, après analyse sanguine.

 

 

 

 

*Une ischémie est une anémie locale, arrêt ou insuffisance de la circulation du sang dans un tissu ou un organe.

 

* Les entérocytes sont un type de cellule épithéliale qui tapisse l'intestin grêle. Ce sont les cellules principales de l'épithélium intestinal, spécialisées dans l'absorption des nutriments.

 

* Les jonctions serrées sont des structures protéiques situées entre les cellules épithéliales, y compris les entérocytes. Elles assurent la cohésion entre ces cellules et contrôlent la perméabilité paracellulaire (le passage de molécules entre les cellules).

 

 

 

Sources :

 

Article laboratoire Copmed - les troubles digestifs à l'effort chez le sportif, 01-2023

 

Laura azenard – l’ischémie reperfusion-intestinale ennemi du sportif, 10-2018

 

Christelle Dalle-Corde - Accompagnement naturopathique du sportif

 
 
 

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